dimanche 27 juillet 2008

the best diner in town !


Les staccati du "Gamma ray" de Beck qui tournaient en boucle dans nos têtes restaient impuissants à surmonter notre fatigue et notre lassitude, symptômes évidents du décalage horaire aggravé par les réveils nocturnes du lapingou.
Le 49 Van Ness nous emmenait à son rythme andante vers le nord de SF s'arrêtant à chaque block pour déverser et se remplir d'autant de cargaisons de mexicains en promenade dominicale. Des touristes italiens en tribu attiraient vaguement notre attention torve jusqu'à Lombard par leurs babillages et leurs conséquences visibles de consanguinité dégénérescente...
Nous descendions près du wharf et marchions, rentrant la tête dans nos épaules glacées par l'humidité piquante du smog et de son vent mauvais. Un chocolat de chez Girardhelli nous offrit un réconfort bien furtif hélas. A la fatigue accumulée s'ajoutait la sensation toujours fâcheuse d'être des touristes vulgaires au milieu des autres. Il faut fuir Fisherman's wharf comme il faut fuir l'été le Mont Saint-Michel, la Tour Eiffel, ou l'écomusée du marais poitevin.
Après s'être fait arnaqués dans une boutique de souvenir en achetant deux fois son prix un adaptateur électrique, source de lourd contentieux conjugal depuis l'arrivée qu'il fallait solder, nous remontions Columbus avenue aux vents coulis réfrigérants.
Une petite fête locale dans Washington square ne nous divertit pas malgré son esprit bon enfant qui m'invitait à faire une généreuse donation d'un dollar. Il faut dire que les travellers à chiens mélangés au public mainstream du dimanche écoutant du mauvais folk pour démocrates bien-pensants, cela n'a rien d'enthousiasmant pour nous qui rêvions de croiser Kerouac et Cassady bras dessus bras dessous et Lawrence Ferlingetti, un livre de poème dans une main et une bière dans l'autre.
Il suffisait alors de peu pour qu'à compter du Zoetrope fermé ce jour, nous nous enfermions dans un mutisme lourd, présage d'une rupture à venir. Le désert du downtown traversé, Union square ne présentait pas l'oasis espérée, ce qui eut raison de la résistance des uns et de la patience des autres.
C'est dans un excellent "diner's" de Powell que je retrouvais un peu d'espoir en l'existence grâce aux arguments pesants et primaires d'un burger bien garni arrosé de Sierra Nevada reconstructrice. Certaines ne savaient pas ce qu'elles rataient !
Nous nous retrouverons seulement le lendemain après une nuit de guerre de tranchées au terme de laquelle sera prise la décision salutaire d'écourter le séjour pour prendre la route du sud, de son soleil, de ses douceurs et de notre réconciliation...

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